Le secteur hôtelier bruxellois, entre bases historiques et transitions actuelles.

Le secteur hôtelier bruxellois, entre bases historiques et transitions actuelles.

A Bruxelles, comparativement moins sujette au ‘surtourisme’ que des villes comme Paris, Amsterdam ou Barcelone, une réflexion sur les effets indésirables de l’attractivité touristique est en cours. Un des objectifs du PPAS Unesco est ainsi de réduire la mono-fonctionnalité. Le PPAS devrait également éviter que ne se renforce davantage la présence de logements touristiques dans le centre historique. En contrepartie est questionné par certains l’octroi de permis d’urbanisme à des nouveaux projets hôteliers, ainsi que la politique de marketing urbain menée par la Ville de Bruxelles qui participerait à la mise en place autour du piétonnier d’un projet de ville orienté loisirs et tourisme. Qu’en est-il en réalité ? Suivant une analyse fournie, IDEA a mis en évidence les tendances sous-jacentes au développement récent de l’hébergement touristique à Bruxelles :

  • La tendance à s’agglomérer du secteur hôtelier autour des pôles commerciaux et de divertissement du cœur de ville, les principales polarités hotellières étant les mêmes depuis plus d’un siècle.
  • L’existence d’autres facteurs de localisation déterminant la répartition de l’offre hotellière, au-delà de la tendance des hôtels de tourisme et loisirs à s’implanter dans les quartiers touristiques centraux : accessibilité en transports en commun, prix et opportunités fonciers et contraintes urbanistiques.
  • La prédominance de Bruxelles dans le tourisme belge, avec pour 2022 un nombre de nuitées en hôtel se rapprochant des chiffres pré-covid. La baisse marquée des voyages d’affaires, essentiels à la fréquentation des hôtels bruxellois, étant partiellement compensée par la croissance des nuitées pour motifs de loisirs.
  • Une infrastructure hotellière traditionnellement moins développée en lien à l’attractivité touristique modeste de Bruxelles au niveau européen : 1,19 chambres d’hôtels par 100 habitants en 2021, taux comparable à celui d’Anvers et Gand, mais nettement moindre que dans des villes touristiques comme Maastricht ou Bruges et loin derrière celui d’Amsterdam par exemple.
  • Une offre de logements touristiques du type Airbnb venue depuis une dizaine d’années complémenter celle du secteur hôtelier, comme dans d’autres villes de destination. Les nuitées passées en logements réservés sur des plateformes en ligne représentant 21,1% des nuitées touristiques en 2022, un chiffre en nette diminution depuis 2019, après des années de forte augmentation.
  • L’amélioration en période pré-covid du taux d’occupation des établissements hôteliers bruxellois, en lien à la demande croissante et au statu quo depuis plus de 10 ans de l’infrastructure hotellière en termes quantitatifs, ce malgré le développement de l’offre en logements touristiques, estimée à 4.800 en 2022, en baisse depuis 2019.

Pour mieux comprendre l’évolution du secteur et orienter les politiques, il faut en outre bien saisir la place qu’occupe la fonction hotellière dans la ville. Sur base de la littérature, IDEA a proposé 4 clés de lecture :

  1. L’hôtel comme vecteur de modernité
  2. L’hôtel comme équipement urbain
  3. L’hôtel comme élément de transformation urbaine